Est-ce que média social peut rimer avec agence ?

En allant faire l’épicerie cette semaine, un produit a attiré mon attention plus qu’à l’habitude parmi tous ceux présents sur la tablette du bout de l’allée…Il s’agissait d’un sac argenté orné d’un signe de dollars, j’ai ensuite aperçu le logo de Doritos…Je me suis dit : “Je l’achète pour décortiquer ce nouveau concept”, car en fait, c’était bien la première fois que je voyais ce genre d’initiative à l’épicerie.

Le concours

Arrivée à la maison, je commence à lire l’emballage pour découvrir que Doritos me demande de trouver le nom de cette nouvelle saveur (d’où l’emballage anonyme) et de pondre une campagne publicitaire pour obtenir en échange 25 000$ plus 1 % des ventes de cette nouvelle saveur.

Je tape donc directement gouroudoritos.ca pour aller observer la mécanique de ce concours. Bon, évidemment que par la suite, le concept devient quelque peu déjà vu, mais tout de même fort bien ficeler ; vidéo UGC, rating, style d’écriture familière et, pour la première fois j’observe dans ce genre d’initiative, la possibilité de se connecter via Facebook Connect…

Bon, à part le fait de donner toutes mes informations personnelles de mon profil Facebook à Doritos, je n’ai pas compris pourquoi quelqu’un aimerait, dans ce type de concours, “qu’automatiquement” les actions qu’il pose sur ce microsite s’affiche sur son facebook. Quelqu’un pourrait ouvrir la discussion à savoir quel est le bénéfice que le consommateur retire à utiliser Facebook Connect dans un concours autre celui que je viens de décrire ?

Mon questionnement

Et c’est là que mon questionnement survient, à savoir si une agence peut réellement créer un mouvement social pérenne pour la marque pour laquelle elle travaille ou simplement, est-elle condamnée à produire des “concours sociaux/viraux” et à tirer la plug par la suite, de la même manière qu’elle retire son billboard sur l’autoroute 20 ?

À la différence d’un billboard sur l’autoroute 20, l’agence tire la plug non pas sur un microsite, mais bien sur une communauté d’humains, d’individus, de personnes, bref de gens ayant potentiellement un intérêt envers la marque Doritos.

Ma question, l’agence n’aurait-elle pas avantage à créer une communauté pérenne pour la marque, bien qu’elle soit à faible implication sociale (car on s’entend que manger Doritos ou Lays, mon statut social ne sera pas trop affecté)  ou est-elle confinée à concevoir uniquement des concours et à flusher ces potentiels fans de la marque ?

Bref, c’est vraiment la question que je pose aujourd’hui et cela me fait même réfléchir à propos du rôle  futur des agences de publicité…

Commentaires

Il y a (12) commentaires.

Swann

6 Mars 2009

Je partage ton questionnement, mais pas forcément dans le cas de Doritos.

Mon sentiment est qu’à l’heure actuelle parmi toutes les agences qui se disent interactives (comprendre capable de bâtir des stratégies Internet), peu le sont réellement.
Comme tu le dis, faire un concours pour ensuite abandonner la communauté qu’on a crée autour, n’est pas forcément un bon choix. Dans le cas de Doritos, ils sont assez coutumiers des concours vidéos (voir la création des pubs pour le SuperBowl) et peut-être trouvent-ils par cette récurrence de concours innovateurs le moyen de maintenir leur communauté. En tous les cas, ils ont compris comment renouveler leur marque (nouvelle pub TV, nouveau nom) à moindre frais, en se servant du communautarisme et du côté collaboratif du web 2.0. C’est d’ailleurs en utilisant le consommateur comme ambassadeur de sa marque que Doritos a augmenté sa notoriété mondiale.

Finalement, leur agence de pub ne doit pas être si mauvaise que ça. ;)

Julie Lemonde

6 Mars 2009

Merci Swann pour ton commentaire!

Disons que l’initiative de Doritos à ouvert la porte sur ce questionnement, car je me suis toujours demandée ce qui arrivait avec tous ces gens une fois les concours terminés…

Penses-tu que le fait que Doritos les réactive de manière annuelle ou sur une autre base périodique fait en sorte de créer un rendez-vous chez ses consommateurs et indirectement elle tisse une communauté qui n’a pas d’autres attentes envers la marque que ce rendez-vous ? Bref, beaucoup de questions !

Swann

6 Mars 2009

oui, pourquoi pas.
et dans la mesure où les initiatives de Doritos sont toujours très innovantes, ça peut maintenir un intérêt sur le long terme.
mais es-tu sûre que Doritos ne fait rien d’autre le reste du temps pour cette communauté qui se crée?

Puyi

6 Mars 2009

Autre question Julie : Quels sont les accords qui existent entre Doritos et Facebook ?
Imagine le sénario suivant : Tous les utilisateurs qui se connectent via Facebook connect sont flaggés “Doritos”. Facebook continue de récupérer toutes sortes d’informations sur ces utilisateurs. Quand Doritos veut faire une campagne de pub, elle achète les informations sur les utilisateurs flaggés “Doritos” à Facebook, avec en particulier un moyen facile d’atteindre ces consommateurs potentiels.

Ce que Doritos y gagne : Tous les coûts reliés à la collecte d’informations, au stockage, au maintient de la communauté sont assumés par Facebook. De plus, les informations obtenues définissent beaucoup mieux les consommateurs que celles qui auraient pu être obtenues via une communauté Doritos.

Ce que Facebook y gagne : De l’argent facile dès que Doritos veut faire une campagne marketing.

Ce que le consommateur y gagne : pas grand chose à mon avis. Éventuellement, si un grand party s’organise entre des utilisateurs flaggés “Doritos” sur Facebook, Doritos peut en avoir vent et proposer des offres intéressantes.

Swann

6 Mars 2009

J’ai vu cet article ce matin qui me semble bien aller dans le sens de ce qu’on disait plus haut : http://www.buzz-marketing.fr/article.php?id=465

“Une marque qui créé AVEC ses consommateurs et non pas POUR ses consommateurs, probablement une voie d’avenir.”

Julie Lemonde

6 Mars 2009

Merci Puyi et Swann, la discussion est vraiment intéressante!!

Si je résume ce que tu dis Puyi, Doritos a donc tout à gagner à utiliser les médias sociaux et particulièrement, Facebook Connect puisqu’il s’agit de données non biaisées par la désidérabilité sociale ou tout autre facteur qui influence les données collectées sur les consommateurs.

Et comme Swann le fait remarquer, il faudra quand même que les compagnies trouvent un bénéfice pour les consommateurs, et potentiellement que le fait de créer avec eux des initiatives permettant de les écouter et d’interagir avec ces derniers de manière sincère devient alors LE bénéfice conso. Est-ce que cela semble être plausible pour vous aussi ?

Puyi

6 Mars 2009

Oui c’est ça, les données recueillies seront beaucoup plus élaborées. Tu n’irais pas dire à Doritos si tu est célibataire, en concubinage, mariée, … Sauf que dans Facebook, ces infos, et plein d’autres du même genre, sont présentes (plus ou moins). Tu peux également recueillir des données sur des non-consommateurs de Doritos (Hyper important pour les modèles prédictifs) via Facebook. Ça permet ainsi d’élaborer des modèles descriptifs et/ou prédictifs beaucoup plus efficaces.

Geneviève Lamy

6 Mars 2009

En fait, un concours représente une excellente première approche dans l’optique où l’on souhaite rassembler un grand nombre de gens autour d’une marque, comme Doritos par exemple.
Là où plusieurs échouent, c’est dans la non-continuation ou la non-évolution de cette même initiative. Je m’explique. Disons que Doritos parvient à regrouper 10 000 participants au concours, il faut par la suite passer à une phase 2 qui permettra de raffiner et qualifier ce panel. Et ainsi de suite jusqu’à ce qu’on obtienne un groupe qui appréciera réellement la marque et qui y sera plus fidèle.

JF

6 Mars 2009

Je suis d’accord avec Puyi. Même si le groupe devient inactif après la première campagne de publicité, peu de gens vont faire l’effort de quitter le groupe. Ils vont plutôt l’abandonner jusqu’au moment où Doritos les contactera pour une autre campagne.

Sylvain - Akostic.com

6 Mars 2009

Bonjour Julie,

J’ai découvert ton blog, il y a peu de temps et je suis fan ;) de très bon articles.

J’arrive un peu tard dans la discussion mais il y a un point qui n’a pas été soulevé dans cette réflexion : le budget. Je pense qu’il a un poids très important dans la réflexion sur la capacité d’une agence à animer et développer une communauté dans le temps.

Vous connaissez comme moi le coût d’une journée moyenne d’agence. Est que les annonceurs sont prêts à mettre le budget pour que l’agence gère sur le long terme leur communauté de marque ? Ont ils intérêts à le faire ? Sont ils convaincus des retours ?

A mon avis (cela n’engage que moi), pour gérer une communauté de marque sur le long terme, il est nécessaire d’y consacrer du temps.

Pour une marque comme Doritos on peut imaginer qu’ils ont intérêt en terme d’investissement à recruter un community manager (si ce n’est pas fait).

L’agence peut alors par la suite et si elle a une réelle expertise arriver en soutient / conseils. Alors est ce que les agences sont prêtes à proposer ce genre d’approche là je n’en suis pas encore certain.

Finalement, l’avenir des agences passerait par des prestations d’accompagnement dont l’objectif est de former l’annonceur, l’accompagner dans sa réflexion, dans le recrutement, etc. du conseils finalement.

Qu’en pensez-vous ?

Julie Lemonde

6 Mars 2009

Bonjour Sylvain,

Merci pour votre commentaire!

Je pense que vous soulevez un excellent point et ceci me laisse croire que les agences ainsi que les clients devront potentiellement considérer les initiatives de communauté virtuelle comme étant le développement d’un “produit” et non seulement une initiative marketing (en lien avec mon billet Comment bâtir sa communauté de marque).

Si l’agence désire conserver sa valeur ajouté, elle pourrait même offrir les services de “community manager” pour leurs clients ainsi que les idées liées à son développement. Bref, je pense la même chose que vous, c’est peut-être l’apparition d’un nouveau service au sein des agences ;)

Sylvain - Akostic.com

6 Mars 2009

Bonjour Julie,

Oui il se peut que les agences puissent développer de tels services et c’est déjà le cas d’ailleurs…

Sauf que pour moi du community management en agence reste quand même très différent du community management en interne.

La différence est simple d’un côté on a des community manager en agence qui ont une multitude de clients. Aussi, historiquement l’agence est orientée retour sur investissements quasi immédiat alors que le community management c’est plutôt un ROI moyen / long terme. Il est nécessaire de s’impliquer beaucoup pour commencer à recevoir et qui dit implication dit temps. Une semaine de community management en agence c’est 5 jours x coût de la journée = presque un salaire selon les agences.

D’après moi le rôle de l’agence vis à vis de ces éléments est réellement pas de faire du community management mais de préparés les bases de la communauté. Puis, accompagner son client vers le recrutement et pourquoi pas la formation d’une personne en interne. Son rôle par la suite est du conseils et de la mise en oeuvre mais proposer des presta de community management c’est autre chose ;)

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Julie Lemonde
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